CARRIERE DE L'OLYMPIC

Première Guerre Mondiale 1914-1918



Lorsque la Première Guerre mondiale éclate le 4 août 1914, le nombre de passagers transatlantiques chute, de même que le nombre de navires non réquisitionnés. Le 9 août, l'Olympic quitte le port de New York escorté par un croiseur. Il effectue seul la traversée en haute mer puis est escorté le long des côtes britanniques sans avoir rencontré de problème.

Dans le même temps, le paquebot inspire une ruse au capitaine Pollack, commandant du paquebot Allemand Kronprinzessin Cecilie : pour tromper les navires de guerre britanniques, il fait peindre en noir l'extrémité des cheminées jaunes de son propre vaisseau. Si la supercherie est facilement décelable, elle permet cependant au paquebot d'atteindre en toute sécurité un port neutre (bien qu'il ne s'agisse là que d'un sursis, le navire étant confisqué par les Américains lors de leur entrée en guerre en 1917).

Pendant la Première Guerre mondiale, l'Olympic continue à transporter des passagers sous le commandement du capitaine Herbert James Haddock, en service conjoint avec le Baltic et l’Adriatic ainsi que le Lapland de la White Star Line. Cependant, ce service est de courte durée, et il est prévu que l'Olympic soit retiré du service et conservé aux côtés de son sister-ship inachevé à la fin du mois d'octobre.

Le 27 octobre 1914, alors qu'il rentre de New York et s'apprête à traverser un secteur miné au large de l'Irlande, le navire reçoit un SOS du HMS Audacious et vient à son secours. Le navire de guerre a en effet heurté une mine déposée quelque temps auparavant par le paquebot allemand Berlin. L'explosion semblant provenir d'une torpille, l'escadron accompagnant le HMS Audacious s'est dispersé. Cependant, l'Olympic arrive sur place. Ses canots sont affalés et récupèrent les naufragés. Violet Jessop, en service sur l'Olympic à ce moment-là, note l'émerveillement des marins rescapés lorsqu'ils découvrent la magnificence du paquebot en comparaison de leurs quartiers sur le HMS Audacious.

Après cela, l'Olympic prend le navire naufragé en remorque, mais le câble cède. Un second est attaché par le HMS Fury et subit le même sort. La troisième tentative, menée par le capitaine Herbert James Haddock, n'a pas plus de succès. Finalement, à 18 heures, le capitaine du HMS Audacious demande à Herbert James Haddock de reprendre sa route ; une demi-heure plus tard, le navire est abandonné à cause d'une forte gîte. Une explosion dans la cale avant du vaisseau l'achève et il sombre. La déflagration fait une victime, un officier qui se trouvait sur le pont du HMS Liverpool, un autre navire venu au secours du HMS Audacious. Après l'incident, les passagers de l'Olympic sont gardés à bord pendant près d'une semaine pour tenir l'affaire secrète, et une gigantesque campagne de désinformation est lancée par le Royaume-Uni qui veut éviter que l'Empire Ottoman, sentant sa faiblesse, ne s'engage aux côtés de l’Allemagne. Ainsi, même après la guerre, le HMS Audacious continue à figurer sur les listes de l’Amirauté. Cependant, cette tentative reste vaine, les Allemands ne manquant pas de publier de nombreuses cartes postales célébrant l’événement.

L'Olympic est par la suite mis au repos dans le port de Belfast. Progressivement, et en particulier après le naufrage du Lusitania le 7 mai 1915, l'Amirauté Britannique prend conscience de l'utilité de navires de telle ampleur. Le Mauretania et l’Aquitania de la Cunard Line sont réquisitionnés et transformés en navires hôpitaux. Le Britannic subit le même sort. En ce qui concerne l'Olympic, il est réquisitionné en septembre 1915 dans un autre but, celui de servir de transport de troupes avec une capacité de 6 000 à 7 000 hommes. La compagnie reçoit en échange 23 000 livres par mois ; malgré les demandes d'Harold Sanderson, membre dirigeant de la White Star Line, le capitaine Herbert James Haddock n'y est pas affecté. Le commandement de l'Olympic est donné à Bertram Fox Hayes, qui est de plus celui qui a occupé ce poste le plus longtemps à bord. Les installations du paquebot et son organisation sont revues pour l'occasion : les officiers sont logés dans les cabines de première classe tandis que la plupart des installations communes sont transformées en hôpitaux et surtout en dortoirs pour les soldats. De plus, le gymnase du navire reste en service. Le navire est également équipé de deux canons.

Le 24 septembre 1915, il transporte 6 000 hommes en direction de Mudros, et s'arrête en chemin pour sauver un canot de naufragés du vapeur français Provincia. L'opération n'est pas sans danger : la région est sillonnée par les sous-marins Allemands, et un navire de cette taille, à l'arrêt, fait une cible facile. Suite à cet événement, le capitaine de l'Olympic, Bertram Fox Hayes, est blâmé par l'amirauté britannique pour avoir mis son navire en danger, ainsi que les troupes et donc les opérations pour lesquelles elles sont requises, mais il est félicité par la France. Le paquebot continue à opérer en mer Méditerranée, dans l'une des périodes les plus dangereuses de sa carrière : la zone est quadrillée par les U-boote, et les transports doivent filer à toute vitesse, sans faire un bruit et en assurant une veille permanente pour rester en sécurité. L’Olympic échappe ainsi à un sous-marin en novembre 1915. En janvier 1916, il évite deux torpilles ; le mois suivant, il se tire sans dommages de l'attaque d'un avion Bulgare. Cependant, avec l'échec de la campagne des Dardanelles, les troupes requises dans cette région sont moins nombreuses. Le navire se voit donc affecté à une nouvelle mission.

L'idée de faire transporter au paquebot des troupes depuis l'Inde via Le Cap est évoquée début 1916, mais rapidement abandonnée pour une question de ravitaillement. Le navire est en effet conçu pour de courtes traversées transatlantiques, et ses soutes à charbon sont étudiées en conséquence. Cependant, il est finalement choisi pour débarquer des troupes Canadiennes en Grande-Bretagne. Le commandant Bertram Fox Hayes rejette l'idée de voyager en convoi, considérant que la meilleure défense du paquebot est sa vitesse, et son idée est approuvée. En avril 1916, le paquebot transporte une délégation Britannique au Canada, et en revient avec à son bord plus de 7 000 hommes, le nombre le plus important de passagers jamais transporté par un navire de la White Star Line. L’Olympic fait entre 1916 et 1917 vingt voyages entre les deux pays, et ne connaît pas d’incident majeur, contrairement à son troisième sister-ship, le Britannic, qui, transformé en navire-hôpital, sombre en percutant une mine en mer Égée le 21 novembre 1916.

En 1917, le navire subit une refonte chez Harland & Wolff ; on le peint avec des formes géométriques destinées à le rendre moins facile à torpiller, et des canons sont ajoutés. Son camouflage est l'œuvre du peintre Norman Wilkinson, qui est également l'auteur des tableaux qui ornaient les fumoirs de l'Olympic et du Titanic ; il est redessiné à trois reprises durant la guerre. C'est durant cette période que le navire gagne auprès des habitants de Halifax son surnom d'Old Reliable (le vieux fidèle). Chacune de ses arrivées est un jour de fête, et le navire transporte de nombreuses troupes, ainsi que des réserves de pétrole, à destination de l'Europe. Il est aidé dans cette tâche par les Big Four, autres navires de la White Star Line.

Cette période marque aussi l'un de ses principaux faits d'armes. Le 12 mai 1918, attaqué par un U-boot Allemand, il évite une torpille et éperonne le sous-marin U-103 qui sombre instantanément. L’équipage Allemand est fait prisonnier sur les navires qui escortaient le paquebot. Ce dernier se tire de l’incident avec de légers dégâts au niveau de la proue, mais aucune voie d'eau n'est détectée. Par cet exploit, l'Olympic est le seul navire marchand à avoir coulé un vaisseau de guerre ennemi. Après l'Armistice du 11 novembre 1918, l'Olympic ramène les troupes au Canada. Selon Bertram Fox Hayes, la liesse est telle lors de son arrivée à Halifax que le bruit est trop important pour pouvoir donner des ordres de manœuvre autrement que par gestes.