Profondeur : 120 m ±

Localisation : 37° 42′ 05″ N, 24° 17′ 02″ E, entre les iles de Kea et Macronisos en Grèce

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 1976 : Jacques-Yves Cousteau
    Période sur le site : Du 10 Juillet au 24 Juillet, du 21 Septembre au 18 Octobre 1976.
    Logistique : La Calypso, la soucoupe plongeante SP-350 (ou Denise), l'hélicoptère 102CS, et la tourelle Galéazzi de décompression.
    Equipe : Jacques-Yves Cousteau (Commandant de la Calypso), Simone Cousteau (femme du Commandant), Yves Gourlaouen (Capitaine) Paul Zuena (Second), Jean-Marie France (chef mécanicien), Albert Falco (chef plongeur), Raymond Coll (plongeur), Ivan Giacoletto (plongeur), Bernard Delemotte (plongeur), Patrick Delemotte (plongeur), Marc Zonza (plongeur), Dan-Phan (plongeur), Robert Pollio (plongeur), Henri Garcia (plongeur), Henri Alliet (cinéaste), Colin Mounier (cinéaste), Jean-jerome Carcopino (cinéaste), Jean-Paul Cornu (cinéaste), Jean Hamon (preneur de son), Yves Zlotnicka (preneur de son), Raymond Amaddio (Cuisinier & Assistant caméraman), Claude Bogaert, Michel Ferrandon (maître d’hôtel), Parviz Babai (ingénieur sondeur), Dr Pierre Cabarrou (médecin major), Pr Harold E. Edgerton alias Papa Flash (ingénieur et photographe), William H. Tantum IV (Pdt de la THS), et Sheila Macbeth Mitchell (rescapée du Britannic).

    Compte rendu de la mission

    Confirmation visuelle et exploration de l'épave.
    Nous sommes revenus sur la zone, et avons mouillé une bouée sur le point le moins profond de l’écho : 85 m. le fond lui est à 110 m. Bébert choisi 3 plongeurs pour l’accompagner : Raymond Coll portera la caméra, Ivan Giacoletto amènera l’éclairage (alimenté depuis l’embarcation de surface par un groupe électrogène), et moi je serais chargé de prendre les photos.
    Les consignes sont simples : vu la profondeur, nous ne disposerons que de très peu de temps. Il faut descendre le plus rapidement possible. Nous devrions apercevoir l’épave vers -60 mètres. Vous faites le maximum d’images. Nous devons tenter de l’identifier !…

    «…Le Britannic repose sur 110 mètres de fond et remonte à 85 Mètres. Dès le départ de la plongée «cinéma », les lampes Edgerton explosent. Plus d’éclairage ! Tant pis, il est trop tard, nous plongeons quand même. La visibilité est d’une dizaine de mètres. Nous descendons vite…10, 20, 30, 40 mètres. En passant les 50 mètres, l’eau se teinte de rouille et le fond s’assombrit d’avantage. Je devais m’arrêter en vue de l’épave et faire des photos (vers 60 mètres), mais à 70 mètres, toujours rien. On devinait la masse sombre dessous…encore deux mètres et j’aperçois ce que je crois d’abord être une gigantesque bouche d’aération, en réalité, il s’agit d’un bossoir énorme ! Je le montre à Ivan… 75 mètres. Sans éclairage, pas de prises de vue possible ! Bébert nous fait signe d’attendre et glisse vers l’épave. Je le vois, quelques mètres plus bas, se faufiler dans les coursives.

    Le bateau est sur le flan… Bébert glisse, seul, le long d’une coursive vers 85-90 mètres. Je réalise alors que je le vois comme dans un rêve et que mon esprit s’embrume… mon profondimètre indique maintenant 77 mètres et nous avons quitté la surface depuis 12 minutes déjà… »

    Au fond de moi une alarme résonne : DANGER NARCOSE !! Je fais signe à Raymond et lui indique que j’attaque une remontée.

    Lentement, main sur main, le long de notre ligne de vie, je remonte. A 70 mètres je retrouve ma lucidité. Lors de mon ascension, je croise un banc de bonites, sans doute attirés par nos bulles. Elles semblent étonnées et me tournent autour un bref moment, avant de disparaître dans le bleu.

    A 25 mètres Bébert, Raymond et Ivan me rejoignent, et nous partageons les longues minutes de paliers. Nos regards brillent… Il est là dessous, et nous sommes les premiers à l’avoir revu depuis son naufrage !

    Ce n’est qu’en surface que nous pourrons libérer nos impressions: …ces bossoirs énormes sont la preuve qu’il s’agit bien du Britannic !

    Cette plongée a imprimé nos mémoires.

    Le documentaire L'énigme du Britannic et le livre Fortunes de mer retracent cette expédition. Voir également cet article de presse.

© Cutaway Drawings

© Ken Marschall

© Neil Egginton

© Neil Egginton

© Fondation Cousteau

© Fondation Cousteau

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

Kostas Thoctarides

Kostas Thoctarides

L'équipe de la mission 1995 © Eric Sauder

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 1997 : Kevin Gurr / INTERNATIONAL ASSOCIATION OF NITROX AND TECHNICAL DIVERS
    Période sur le site : En Novembre 1997 pendant 3 semaines.
    Logistique : Le Capitaine Vassilis, un RIB*, et un sonar à balayage latéral Simrad,
    Equipe : Kevin Gurr, Simon Mills, Manthos Sotiriou, Alexandros Sotiriou, John Thornton, Kyriakos Kavalaris, Dr Tristan Cope, John Womack, Al Wright, Kevin Denlay, Ian Fuller, Ingemar Lundgren, Richard Lundgren, Garry Sharp, Miria Denlay, David Thompson, Ulf Ericsson, & Dan Burton.
    Assistance plongée : Vangelis Sotiriou.

    Compte rendu de la mission

    Les principaux objectifs étaient de réaliser un relevé vidéo complet de l'épave et d'explorer la zone endommagée près de la proue. Le temps de fond réel étant mesuré en minutes, le tournage de l'énorme paquebot nécessitait un équipement spécial permettant aux plongeurs de se déplacer rapidement. Ceci a été réalisé grâce à l'utilisation de véhicules à propulsion de plongée DPV* équipés d'appareils photo numériques. Un autre défi majeur était le processus de décompression (3 à 4 heures) dans une zone avec de forts courants d'eau imprévisibles et située au milieu d'une voie de navigation très fréquentée. Puisque l'équipe n'avait pas les ressources disponibles pour Jacques-Yves Cousteau en 1976 (son équipe utilisait une "cloche de plongée" afin d'atteindre rapidement la surface et la décompression a ensuite été effectuée en toute sécurité à l'intérieur de la cale du navire de soutien), il a été décidé d'utiliser un semi-rigide comme plateforme de décompression flottante. Ce semi-rigide était constamment amarré à l'une des lignes attachées à l'épave et il était équipé de barres en dessous (barres déco). Plusieurs conduites d'alimentation ont été attachées à ces barres, permettant à l'équipe de surface d'envoyer les réservoirs contenant les gaz de décompression aux plongeurs en dessous. Cependant, les forts courants d'eau et les vagues créées par le passage des pétroliers ont souvent fait dériver le semi-rigide en dehors de la zone d'exclusion maritime d'un mille, sur une distance allant jusqu'à 7 milles.

    Au total, cinq jours ont été consacrés à l'exploration de la partie avant de l'épave (de la proue à la zone du pont) et deux jours à l'exploration de la zone arrière. L'équipe a effectué un total de 40 plongées, passant plus de 800 minutes à des profondeurs supérieures à 90 m / 300 pieds.

    Les séquences vidéo des plongées ont permis aux chercheurs d'évaluer plus précisément la nature des dommages à la coque créés par la dynamique du naufrage. Des pénétrations à l'intérieur des zones les plus accessibles ont également été effectuées et avec la technologie numérique désormais disponible, les premières images claires des intérieurs ont été obtenues. Les plongeurs ont également essayé de trouver un moyen d'entrer dans les chaufferies (afin de vérifier si les portes étanches étaient ouvertes ou non) mais sans succès. De plus, il a été constaté que le gouvernail était tourné vers bâbord de près de 10 degrés, peut-être pour compenser une dérive vers tribord, causée par la dérive du navire. Une recherche à balayage large sonar a été effectuée mais aucun reste de mines sous-marines n'a été détecté cependant. Malheureusement, le documentaire vidéo produit par l'équipe n'a pas été publié à ce jour, bien que certains morceaux aient été inclus dans d'autres productions (le documentaire History Channel "Doomed sisters of the Titanic" et le film Britannic). L'équipe a également laissé une plaque commémorative dédiée à Jacques-Yves Cousteau et un drapeau grec. Les membres de l'équipe ont également fait des discours aux écoles locales à propos du projet. L'expédition a eu un impact important sur la communauté mondiale de la plongée car elle a montré qu'une expédition organisée en privé dans le Britannic était possible pour un groupe de plongeurs techniques, même sans les énormes ressources financières et techniques dont disposaient les grands explorateurs, tels que Jacques-Yves Cousteau et Robert Ballard.

    hmhsbritannic.weebly.com

L'équipe de la mission 1997 © Project Britannic

L'équipe de la mission 1997 © Project Britannic

Le gaillard avant photographié par Dan Burton

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 1998 : Nick Hope / STARFISH ENTERPRISE
    Période sur le site : Du 12 au 27 Septembre 1998.
    Logistique : L' Atlas, le Christina, et des DPV*
    Equipe : Nick Hope, Leigh Bishop, John Chatterton, Simon Mills, Chris Hutchison, Christina Campbell, Dave Wilkins, Geraint Ffoulkes-Jones, Bob Hughes, Jamie Powell, Rob Royle, Innes McCartney, & John Yurga.
    Équipe de soutien : Andrea Webb, Becky Williams, Kevin Emans, Greg Buxton, Derek Palmer, Capt.Dan Crowell, Jennifer Samulski, & Greg Mossfeldt
    Assistance plongée locale : Kostas Nizamis, Hagen Martin, Marinos Pittas (pilote / technicien ROV*), et Gregoris Theodoridis (directeur de la photographie).

    Exploration de l'épave en 78 plongées.

    Compte rendu de la mission

    L'un des objectifs de l'expédition était de trouver un accès à la chaufferie n° 6 et de voir si la porte étanche entre cette pièce et la chaufferie n° 5 était ouverte ou non. Cette tâche a été confiée à John Chatterton, qui était équipé d'un recycleur. Son plan, après avoir plongé dans la brèche près de la proue du navire, était de localiser des structures qui lui permettraient d'identifier les ponts puis de se diriger vers la quille afin de trouver une éventuelle entrée dans le tunnel des pompiers. Aidé par les informations fournies par la première plongée de John Chatterton, John Yurga a examiné la cloison entre la cale n° 3 et la chaufferie n° 6 et a remarqué que l'une des portes étanches coulissantes horizontales était partiellement fermée (avec un espace d'environ 0,3 m / 1 pied) et une ouverture un pont en dessous. Lorsque John Chatterton est revenu dans la région, il a découvert que cette ouverture menait en fait à l'intérieur du tunnel des pompiers. Le passage étroit a été partiellement bloqué mais il a réussi à arriver près de la porte étanche entre le bout du tunnel et le vestibule étanche, situé avant l'entrée de la chaufferie n° 6. Le risque d'aller plus loin vers l'arrière a été jugé trop élevé, mais il a pu remarquer ce qu'il pensait être une porte partiellement ouverte.

    Certains membres de l'équipe ont essayé de localiser les lettres du nom du navire sur la proue bâbord, mais sans succès. Le mât avant et le nid-de-pie ont également été examinés, mais les cloches du navire étaient introuvables. Plusieurs plongeurs ont utilisé des DPV* et ont réussi à explorer de grandes sections de l'énorme épave. Un ROV* a également été déployé par l'équipe d'assistance grecque mais sans grands résultats. Comme on s'y attendait, une grande attention a été accordée au gaillard d'avant, au pont, au pont du bateau, à la promenade fermée du port (avec ses murs intérieurs présentant des signes de détérioration importante à certains endroits) et à la zone arrière. Dave Wilkins a plongé dans l'ouverture laissée par le quatrième entonnoir effondré et malgré la présence de débris, il a réussi à arriver à seulement quelques mètres de la salle des machines et à observer les extrémités avant des culasses des énormes moteurs à pistons. Malheureusement, les ouvertures latérales étaient trop petites pour continuer dans la salle des machines et il a décidé de revenir.

    hmhsbritannic.weebly.com

    Le documentaire Titanic’s Sister HMHS Britannic – The Britannic ’98 Expedition produit par Periscope Publishing Ltd (VHS 2001) retrace cette expédition.

L'équipe de la mission 1998 © DIVER magazine

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 1999 : Jarrod Jablonski / GLOBAL UNDERWATER EXPLORERS
    Période sur le site : Du 20 au 30 Août 1999.
    Logistique : Un caïque grec et RIB*.
    Equipe : Jarrod Jablonski, Simon Mills, Per Anderson, Steve Berman, Barry Miller, Todd Kincaid, Panos Alexakos, Tyler Moon, Ted Cole, Anthony Rue, Sigmund Lundgren, Johan Berggren, Michael Ollevik, Richard Lundgren, Bob Sherwood, Andrew Georgitsis, Kim Jansson, & Kostas Nizamis.

    L'équipe a effectué environ 60 plongées, avec des périodes au fond allant de 30 à 45 minutes, temps de décompression inclus. Chaque plongeur devait rester environ 6 heures dans l'eau.

    Compte rendu de la mission

    La plupart des membres étant des plongeurs expérimentés dans les épaves et les grottes, cette équipe a passé beaucoup de temps au fond à explorer les intérieurs du Britannic. C'était la première fois depuis le naufrage du navire que la cale avant (cale n° 1) était explorée et filmée. La séquence vidéo a montré que la cale était en excellent état. Encore plus à l'arrière, dans les zones endommagées où se trouvaient les cales 2 et 3, les plongeurs ont observé des parties de la coque encore préservées en bon état. Aucune preuve d'aucune sorte de cargaison n'a été trouvée dans les cales ou à l'intérieur du champ de débris adjacent. De plus, l'écoutille de la soute à charbon de réserve (cale n° 3) a été retrouvée intacte et en place, ce qui indique clairement qu'aucune explosion ne s'est produite à l'intérieur. Ces conclusions très importantesa conduit les chercheurs à adopter la théorie du Dr Robert Ballard, selon laquelle les dommages massifs à la coque étaient le résultat de la dynamique du naufrage et non d'une explosion secondaire, due à une cargaison explosive, des munitions stockées ou de la poussière de charbon.

    Les plongeurs ont également tenté d'atteindre les zones les plus profondes de l'épave à travers les trous des cheminées, mais des grilles ont été retrouvées intactes et ont empêché la progression. Le grand escalier et le pont du navire ont également été explorés et filmés. D' autres activités qui ont eu lieu ont été la mesure exacte de la section d'arc endommagée et la récupération d'échantillons de charbon, d'acier et de rivets pour des tests scientifiques.

    hmhsbritannic.weebly.com

    Le documentaire Inside the Britannic (2002) retrace cette expédition.

L'équipe de la mission 1999 © Jarrod Jablonski

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

© Kostas Thoctarides / Giannis Nakas

© K. Marschall & A. Logvynenko

© William Barney

© William Barney

© William Barney

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2003 : Carl Spencer
    Période sur le site : Septembre.
    Logistique : Le Loyal Watcher
    Equipe : Carl Spencer, Simon Mills, Bill Smith, Dr Lori Johnston, et Rich Stevenson.

    Compte rendu de la mission

    C'est la première expédition sur le Britannic où tous les plongeurs utilisaient des recycleurs à circuit fermé (CCR). Le plongeur Rich Stevenson a constaté que plusieurs portes étanches étaient ouvertes. Il a été suggéré que c'était parce que l'explosion de la mine coïncidait avec le changement d'équipes. Alternativement, l'explosion peut avoir déformé les cadres de porte. Un certain nombre d'ancres de mine ont été localisées au large de l'épave par l'expert en sonar Bill Smith, confirmant les registres allemands du U-73 selon lesquels Britannic a été coulé par une seule mine et que les dommages ont été aggravés par des hublots et des portes étanches ouverts. L'expédition a été largement diffusée à travers le monde pendant de nombreuses années par National Geographic et la chaîne britannique Channel 5.

    Le Dr Lori Johnston microbiologiste, faisait également partie de l'expédition. Des plongeurs ont placé ses échantillons sur le Britannic pour observer les colonies de bactéries mangeuses de fer sur l'épave, qui sont responsables des rusticles poussant sur le Titanic. Les résultats ont montré que même après 87 ans au fond du canal Kea, le Britannic est en bien meilleur état que le Titanic car les bactéries sur sa coque ont trop de concurrence et aident en fait à protéger l'épave en la transformant en récif artificiel.

    Deux documentaires sont réalisés pour retracer cette expédition.

L'équipe de la mission 2003

© Bill Smith

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2006 : John Chatterton & Rick Kohler
    Période sur le site : Du 16 au 25 Septembre 2006.
    Logistique : L'Apollon 01 et l'Institut Océanographique de Woods Hole (WHOI) avec son système de caméras Bumblebee.
    Equipe : John Chatterton, Rick Kohler, Simon Mills, Leigh Bishop, Carl Spencer, Evan Kovacs, Martin Parker, Mike Etheridge, Mark Bullen, Edwardo Pavia, Mike Fowler, Frankie Pellegrino, Mike Pizzio, Mike Barnette, Heeth Grantham, & Joe Porter.
    Médias : La société de production télévisuelle History Channel et la société de production télévisuelle indépendante Lone Wolf Media.

    Compte rendu de la mission

    Avant que l'équipe de History Channel ne puisse se mouiller, Frankie Pellegrino et Mark Bullen ont utilisé leurs compétences de menuisier appréciables pour transformer le bateau de pêche grec Apollon 01 en une plateforme de plongée technique, en construisant des bancs, des plateformes et des échelles. Comme il n'y a pas de magasin de plongée sur l'île de Kea, les bouteilles de scène et les compresseurs ont dû être apportés par le contingent britannique et européen. Leigh Bishop et Carl Spencer ont non seulement conduit à travers l'Europe dans un camion rempli d'équipement et de pièces de rechange, mais ont ensuite aidé à assembler un centre de plongée technique dans une cabane sur l'île, ce qui n'était pas une tâche facile dans les meilleures circonstances. La majorité des bouteilles de plongée pour les recycleurs et le sauvetage d'urgence ont été conduites en Grèce depuis l'Italie par Eduardo Pavio, lorsqu'il a été découvert que les bouteilles en aluminium que nous avions louées à l'opérateur de plongée grecque continentale n'étaient pas adaptées à l'utilisation. Martin Parker de Ambient Pressure Diving (AP) et Mike Fowler de Silent Diving ont joué un rôle déterminant dans le prêt de materiel Inspiration and Evolutions pour les chefs d'expédition et l'équipe de tournage, en plus de fournir une énorme quantité de sofnalime (absorbant de CO2) pour toute l'équipe de plongée.

    À l'exception des plongeurs en eau peu profonde, toute l'équipe des plongeurs de fond a été obligée à la fois par le ministère grec des Antiquités et le propriétaire de l'épave Simon Mills, d'utiliser des recycleurs en circuit fermé (CCR). Il s'agissait de protéger l'épave et son environnement anaérobie des bulles d'échappement des plongeurs qui pourraient autrement accélérer la détérioration de cette épave historiquement importante. L'utilisation d'un recycleur à circuit fermé a permis aux plongeurs d'accumuler des temps de fond plus longs avec moins d'obligation de décompression et sans doute un profil de plongée beaucoup plus sûr, car chaque plongeur transportait indépendamment tout ce dont il avait besoin pour effectuer toute la plongée en toute sécurité, pas même une possibilité éloignée pour un plongeur en circuit ouvert. Des durées de fonctionnement de huit heures dans l'eau, bien qu'extrêmes, sont très réalisables lorsque vous utilisez un recycleur appropriée tel que Inspiration and Evolutions , Ouroboros , et Megalodon, qui ont tous fonctionné parfaitement sur l'ensemble du projet.

    Tous les membres de l'équipe se sont rassemblés, ont travaillé dur et y sont parvenus. Et non seulement l'équipe de plongée s'occupe de vous, mais aussi l'équipe de tournage de Lone Wolf Media et des experts comme Parks Stephenson qui est ingénieur et historien spécialisé dans les paquebots de classe Olympic ainsi que Simon Mills le propriétaire de l'épave. Chaque personne a aidé à charger les bateaux tous les jours, à transporter du matériel et de l'équipement et à apporter son aide dans toutes les capacités, un véritable effort d'équipe. Bien que principalement une expédition cinématographique, d'autres objectifs pour notre équipe comprenaient le lancement et la récupération de nombreuses expériences scientifiques (à la fois à l'extérieur et à l'intérieur du Britannic) ainsi que la soumission à des examens médicaux post-plongée par des médecins hyperbares de DAN (Divers Alert Network) qui accompagnait notre expédition. L'expédition Britannic 2006 a réussi de nombreuses premières. Les plongeurs ont exploré des zones de l'épave où personne ne s'était aventuré lors de visites précédentes avec l'utilisation de caméras haute définition spécialement conçues pour cette expédition par le WHOI.

    DAN a pu mener sa toute première étude technique approfondie sur le terrain du reniflard. En raison de la sophistication de Vision electronics et de sa capacité à télécharger des données de plongée précises, les recycleurs de plongée AP ont grandement aidé DAN à mener leur étude sur le terrain en fournissant des informations aussi détaillées que les mélanges de gaz, les interrupteurs et les algorithmes de décompression ainsi que les informations réelles «boîte noire» de chaque seconde de la plongée. Associées à un appareil à ultrasons appelé Doppler pour mesurer la quantité de bulles après la plongée chez nos plongeurs, les données combinées seront essentielles dans les observations et les résultats globaux, ce qui permettra de mieux comprendre les effets des longs profils de décompression.

    En repoussant les limites en toute sécurité et en mettant à l'épreuve nos capacités en tant qu'équipe, l'expédition Britannic 2006 a été un succès, même si une combinaison de mauvais temps, d'intoxication alimentaire et de permis a réduit le nombre de plongées que nous avons pu effectuer. Nous avons également perdu deux systèmes de caméras; une caméra de surface est tombée dans l'eau du bateau et une caméra sous-marine qui a coulé en profondeur. Malgré chaque revers, notre équipe a pu obtenir les images haute définition qui répondaient à nos questions sur le design du Britannic directement lié à sa plus célèbre sœur Titanic, et déployer et récupérer avec succès de nombreuses expériences scientifiques dans et hors de l'épave.

    www.richiekohler.com

    Le documentaire Titanic's Tragic Sister (diffusé en Avril 2007 sur History Channel) et le livre Titanic's Last Secrets de Brad Matsen retracent cette expédition.

L'équipe de la mission 2006

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2008 : Marc Sluszny / DIVER TRAINING NETWORK
    Période sur le site : Du 5 au 9 Septembre 2008.
    Logistique : Le Skylis et un RIB*.
    Equipe : Marc Sluszny, Danny Moens, Wouter Verhelst, Pim De Rhoodes, Stef Teuwen, & Steven Wouters.

    Photos et vidéos de l'épave.

    www.projectbritannic.com.

L'équipe de la mission 2008

  • 2008 : Pr. Vangelis Papathanassiou / HELLENIC CENTER FOR MARINE RESEARCH / ELKETHE
    Période sur le site : Du ?? au 22 Septembre 2008.
    Logistique : Le RV Aegaeo, le mini-sub Thetis et le ROV* Deep Sea Systems Max Rover.
    Equipe : Pr. Vangelis Papathanassiou, Simon Mills, Panos Bouras, Paraskevi Alexiadou, Dr. Christos Anagnostou, Dr. Evgenia Apostolaki, Panos Georgiou, Dr. Konstantinos Kapiris, Dr. Aristomenis Karageorgis, Vassilis Kouroutos, Dr. Vassileios Lykoussis, Dionysis Ballas, Dr. Nicoleta Bellou, Chrysi Mytilinaiou, Dr. Paraskevi Nomikou, Vassilis Papadopoulos, Vanda Plaiti, Dr. Grigoris Roussakis, Dr. Dimitrios Sakellariou, Dr. Maria Solomidi, Kostas Sarantakos, Dr.Christos Tsampraris, Evi Tsougiopoulou, Dr. Alexandros Frantzis, Dr. Epapeinondas Christou, Dr. Dimitrios Christodolou, Santi Diliberto, Dr. Antonella Pancucci, Dr. Chris Smith (ROV), & Michail Michailakis.
    Equipe sous-marine NCMR : Manolis Kallergis, Kostas Katsaros (pilote du sous-marin), Aggelos Mallios, Leonidas Manoussakis, Vassilis Stassinos, Thedoros Fotopoulos.
    Equipe de tournage : Stamos Birsim (Réalisteur), Giannis Issaris, Mox Mohanna, Fanis Karagiorgos. Kiriakos Stylianopoulos, Theofanis Goudinakis, Aris Kafentzis.
    Médias : La société de production Olyvon de Stamos Barsim, Mike McKimm de la BBC Northern Ireland.

    Compte rendu de la mission

    HCMR / Elkethe est une organisation de recherche gouvernementale grecque et la discussion préliminaire avec le professeur Pr. Vangelis Papathanassiou ayant été très fructueuse, nous avons commencé à planifier tout au long de l'hiver 2007-2008 ce qui allait devenir la première véritable enquête sur la vie marine sur l'épave. Pour le moment, mes aspirations de porte étanche n'auraient qu'à attendre.

    Si tout se passait comme prévu, en une semaine, nous aurions terminé nos travaux et la structure officielle serait en place pour le projet à long terme dont je rêvais depuis dix ans. La seule chose qui ne change pas, cependant, c'est la météo grecque et les problèmes techniques qui surviennet toujours pour compliquer les choses. Le vent du nord de Meltemi peut être particulièrement fort entre mai et septembre, et avec des vitesses allant jusqu'à 40 nœuds, il peut faire des ravages dans le canal de Kea. Il souffle généralement à son plus fort dans l'après-midi, et assez souvent il peut tomber le soir, vous bercant dans un faux espoir de pouvoir plonger le lendemain. Vous en venez rapidement à accepter que le temps est la seule chose que vous ne pouvez absolument pas contrôler, mais au moins le RV Aegaeo peut jetter l'ancre dans les eaux relativement abritées de la baie de Legrena, surplombée par le spectaculaire temple de Poséidon du cap Sounion, où nous pourrions faire des ajustements techniques avant le début des opérations.

    En repensant à toutes mes expériences britanniques, malgré son début peu propice, l'expédition 2008 reste toujours ma croisière la plus agréable. Bien qu'il y ait eu une certaine implication médiatique, pour la première fois, je n'avais pratiquement rien à faire en matière de consultation de scénario, de briefing des plongeurs ou de souci de régurgiter les aspects historiques de l'histoire du Britannic pour les caméras. Tout ce que j'avais à faire était de m'asseoir sur le siège d'observation du Thetis et de profiter de la vue, bien que ma première plongée ait dû être interrompue lorsque des problèmes de communication dans l'eau signifiaient que nous devions retourner à la surface après à peine dix minutes sur le épave. Heureusement, nous étions proches de la pointe sud de l'Attique, donc les pièces de rechange étaient à bord le lendemain matin, et avec les communications rétablies, nous avons pu reprendre là où nous nous étions arrêtés.

    Une fois les réparations de la radio terminées, le lendemain matin, j'ai eu ma première vue correcte et sans entrave du Britannic. Et quelle vue c'était! Alors que je regardais l'épave à travers la sphère acrylique de 90 mm, amusé par la façon dont la lentille concave dans les eaux cristallines faisait ressembler la coque de 900 pieds à un grand modèle, je me souviens étrangement d'avoir pensé pour la première fois: Mon Dieu, c'est c'est vraiment le mien? Posséder le titre légal du Britannic est une prétention inhabituelle à la renommée par n'importe quel effort d'imagination, mais pour la première fois, je commençais à comprendre exactement pourquoi les plongeurs, les scientifiques et les historiens maritimes ont une telle fascination pour l'épave. J'ai tenu un journal relativement détaillé sur toutes mes expéditions britanniques - comme l'a dit un jour Oscar Wilde, il faut toujours avoir quelque chose de sensationnel à lire - mais ce serait la première fois que j'éprouverais le luxe de pouvoir écrire mes propres détails et réflexions sur ce que c'est que de visiter le Britannic.

    Ma plongée avec le Thetis reste mon aspect le plus mémorable de l'exploration de l'épave, mais l'autre point fort de cette expédition a été de pouvoir reprendre là où Bill Smith s'était arrêté cinq ans plus tôt. En septembre 2003, Bill Smith avait identifié l'emplacement de ce qui semblait être les barrières anti-mines du U-73, mais nous n'avions pas été en mesure d'obtenir cette image photographique très importante d'une mine réelle. Sans preuves photographiques, un certain nombre de théoriciens purs et durs de la conspiration des torpilles étaient toujours déterminés à ne pas croire que nous avions trouvé le champ de mines, j'ai donc discuté du vieux problème avec le professeur Pr. Vangelis Papathanassiou et il était plus qu'heureux d'aider.

    Alors que nous nous dirigions vers l'ouest, avec le Max Rover de 750 kilos qui traînait sous le RV Aegaeo de 778 tonnes, un intense sentiment de nervosité m'envahit. J'étais à la recherche de preuves visuelles du champ de mines depuis que Robert Ballard a visité l'épave pour la première fois 13 ans plus tôt, mais même si j'étais convaincu que Bill Smith l'avait localisée en 2003, tout à coup, les doutes se sont manifestés. Je me suis souvenu que Bill Smith m'avait dit que la ligne de mines correspondait assez bien à la carte de 1916, sauf que la barrière était un peu plus loin dans le chenal qu'indiqué, mais à part cela, nous volions vraiment à l'aveugle. Et si la barrière de la mine n'était pas là où nous l'avions dit avec tant de confiance après tout? Que diraient National Geographic et Channel 5, sachant que nous avions affirmé dans leurs émissions de 2004 que nous l'avions trouvé?

    Les minutes se sont transformées en heures. Je pouvais sentir que tout le monde se désintéressait du paysage de gravier boueux qui se trouve au fond du canal de Kea, et en gardant à l'esprit que le Pr. Vangelis Papathanassiou avait déjà prolongé le voyage de 24 heures en raison du temps que nous avions perdu à cause des vents violents, je commençais sérieusement à me demander combien de temps encore ils pourraient se permettre de satisfaire mon ridicule obsession. Soudain, quelque chose de sombre est apparu sur le moniteur, juste à droite. Alors que le pilote tournait le Max Rover vers la nouvelle cible, j'ai commencé à sentir qu'il y avait quelque chose de différent à propos de l'objet mystérieux, il était clairement sur le fond marin depuis des décennies, étant couvert du même type de biomasse qui a pratiquement enfermé le Britannic; quoi qu'il en soit, je n'avais absolument aucun doute qu'il était artificiel. Alors que le Max Rover manœuvrait autour de l'objet, le puissant bras mécanique a été étendu pour saisir ce qui semblait être un câble électrique dans une tentative de retourner l'objet pour en inspecter le dessous. Malheureusement, l'objet était trop lourd et le câble s'est détaché dans la poignée mécanique, mais à ce moment-là, cela n'avait presque plus d'importance. La forme et la taille du fragment de métal, combinées à un trou usiné dans une partie de sa base, ne m'ont laissé aucun doute. Après 13 ans de planification, en un peu plus de quatre heures, nous avions localisé et photographié un fragment d'un tubage de mine allemand qui avait explosé, presque exactement là où Gustav Siess prétendait l'avoir posé 92 ans plus tôt. Enfin, il ne pouvait y avoir aucun doute. Nous avons finalement eu des preuves sans équivoque confirmant que le Britannic était entré en collision avec un champ de mines, tout comme les Allemands l'avaient prétendu en 1916.

    hmhsbritannic.weebly.com

    Voir le livre Exploring the Britannic de Simon Mills.

  • 2008 : John Thornton
    Période sur le site : Du 12 au 25 Octobre 2008.
    Logistique :
    Equipe : John Thornton, Adrian V. Angel, Garry Paterson, Jean-Luc Deltombe, Johnny Lambert, Matthew Outram, Patrick Vanstraelen, Simon Ball, Ian Smith, Stuart Murray, Stewie Andrews, et Thomas Easop.

    Compte rendu de la mission

    Malgré divers soucis, notamment d'ordre météorologique, les onze plongeurs effectuent sept descentes sur l'épave, la plus longue nécessitant près de quatre heures de décompression, et faisant appel à un trimix à faible taux en oxygène pour éviter l'hyperoxie. Cette expédition révèle que le métal de la coque à l'endroit de l'explosion est plié de l'intérieur vers l'extérieur, ce qui réfute la thèse d'une explosion produite par une torpille ou par une mine. De plus les membres de l'expédition ont constaté que toutes les portes et fenêtres du bâtiment étaient ouvertes, ce qui explique mieux pourquoi il sombra en 55 minutes, soit trois fois plus rapidement que le Titanic, pourtant moins bien conçu.

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

© William Barney

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2009 : Carl Spencer / NATIONAL GEOGRAPHIC
    Période sur le site : Du 19 au 31 Mai 2009.
    Logistique : CDT Fourcault et l'Institut Océanographique de Woods Hole (WHOI).
    Equipe : Carl Spencer †, Rick Kohler, Leigh Bishop, Jarrod Jablonski, Simon Mills, Rich Stevenson, Evan Kovacs, Casey McKinlay, Eduardo Pavio, Danny Huyge, Pete Measly, Dr Petar DeNoble, Parks Stephenson, & Marty Morgan.
    Médias : La société de production télévisuelle indépendante Lone Wolf Media.

    Compte rendu de la mission

    L'une des pénétrations les plus décourageantes prévues serait d'atteindre et de filmer les célèbres Bains Turcs, un hammam opulent situé au fond des entrailles du navire. Il n'a jamais été vérifié que cette pièce était même achevée avant que le navire ne soit transformé en navire-hôpital et c'était un mystère que Carl avait l'intention de résoudre. Obtenir cette zone de l'épave est déroutant même sur les plans, alors Carl a chargé les légendaires explorateurs de grottes Jarrod Jablonski et Casey McKinlay de trouver un moyen d'entrer.

    Rich Stevenson et moi retournions dans le tunnel des pompiers et trouvions un moyen de contourner l'obstacle de la chaufferie 6 qui nous avait bloqués le chemin en 2006. Notre mission était d'aller au fond du compartiment et de voir si la porte à la chaufferie cinq était ouverte ou fermée. Ce n'était en aucun cas une pénétration facile, mais Rich Stevenson et moi avions été dans le compartiment auparavant, en fait c'était Rich Stevenson qui avait trouvé la porte ouverte dans le tunnel des pompiers en 2003. Si nous pouvions entrer dans chaufferie cinq, nous pourrions être en mesure de résoudre un mystère entourant comment et pourquoi le navire a coulé encore plus vite que le Titanic.

    Carl plongerait avec le caméraman Evan Kovacs et prévoyait de déployer une nouvelle expérience scientifique sur le pont du bateau et de récupérer celle que nous avions laissée en 2006, puis de se rendre dans la salle radio pour voir si le télégraphe Marconi (le seul connu à exister encore) ) était toujours assis précairement sur une poutre d'acier comme il l'était en 2006. Des négociations étaient en cours pour obtenir l'autorisation du gouvernement grec de récupérer cet artefact inestimable avant qu'il ne tombe de son perchoir et soit détruit ou perdu à jamais, et une fois localisé, nous espérions que le ministre des antiquités aurait autorisé sa sauvegarde. Les autres missions de cette expédition consistaient à accéder à la salle des machines via les puits de lumière, et également à documenter les salles à manger de première classe, deux zones qui n'avaient pas été explorées.

    Mais avant même de pouvoir commencer, nous devions établir une ligne descendante jusqu'à l'épave, et c'est là que j'allais gagner mon sel. Carl m'a demandé de mettre le crochet sur le Britannic. J'avais déjà été sur l'épave deux fois auparavant, donc je connaissais la configuration du terrain, pour ainsi dire, et j'avais fait des liens profonds sur d'autres épaves trop de fois pour les compter, donc j'étais un choix logique pour les travaux sur l'eau. Je serais donc celui qui mettrait le crochet dans une équipe de trois hommes; le vétéran Rich Stevenson, (qui portait un appareil photo et ne pouvait donc pas être d'une grande aide), et Danny Huyge, qui faisait sa première plongée sur l'épave. La plongée était difficile avec un fort courant de surface qui ne s'est calmé qu'à environ 100 pieds, et il y avait trop de portée sur la ligne, nous étions donc bloqués à descendre et à lutter contre le courant beaucoup plus longtemps que nous n'aurions dû. Quand nous avons finalement atterri sur le côté haut de l'épave à 300 pieds, Danny m'a aidé à faire glisser la ligne et la chaîne, (pas une tâche facile dans ce courant) sur le pont supérieur pour l'attacher à une borne d'amarrage en avant du pont, exactement là où Carl le voulait. Rich Stevenson a pu faire une petite vidéo de la zone du pont, puis il était temps pour nous de remonter. Lors de notre ascension, le courant était encore fort mais n'a pas empêché les autres équipes de se mettre à l'eau ce jour-là. Alors que nous décompressions sur la station de décompression et que les autres équipes étaient en bas, le CDT Fourcault a commencé à se balancer sur sa ligne d'ancrage et la poupe du navire a accroché le flotteur supérieur attaché à la descente, le coupant près de la surface. Heureusement, la quasi-totalité de l'équipe de plongée était déjà transférée à la station flottante de déco qui était encore amarrée à l'épave, mais Jarrod et Casey ont dû faire une décompression à la dérive lorsqu'ils ont trouvé la descente coupée gisant sur le fond marin! Ces possibilités avaient été planifiées et avec les équipes de soutien et l'équipement appropriés, ont été traitées rapidement et tous les plongeurs ont été récupéré en toute sécurité.

    Le lendemain, j'ai été chargé d'aller et de remettre le crochet. Je suis reparti avec Danny Huyge et Eduardo Pavio rejoindrait notre trio, et tout comme la veille, Eduardo aurait une caméra, (c'était après tout une expédition pour faire un film!) Compte tenu des problèmes avec le courant la veille, nous avions raccourci la ligne en aval, mais cette fois, elle n'a pas atterri au-dessus de l'épave, elle était à 400 pieds dans le sable à environ 30 mètres de l'épave! Dans la visibilité fantomatique, nous pouvions voir Britannic au loin, s'élevant à 100 pieds au-dessus de nous, c'est un spectacle impressionnant. Il y avait une longue chaîne attachée au poids lourd et déclipsant le poids sacrificiel, j'ai drapé la chaîne sur mes épaules et j'ai commencé à marcher sur le sable vers l'épave pendant que Danny tirait la ligne de 500 pieds de ½ "derrière moi. Je pense qu'Eduardo viennait de tourner la vidéo, ou il a peut-être aidé car j'étais trop concentré sur ma respiration, lente et uniforme, m'assurant que je ne travaillais pas trop dur. Quand nous sommes arrivés à l'épave, je me suis arrêté et j'ai regardé les filets qui pendent le long de l'épave comme un rideau. Avec la chaîne autour de mon cou, j'ai lentement grimpé main après main pendant que Danny remontait la corde et portait le poids au-dessus de moi, chacun de nous essayant de s'assurer que ni moi ni la chaîne ne s'encrassait dans le filet. C'est presque 100 pieds droit et j'étais épuisé une fois terminé. Même si je me déplaçais lentement et délibérément, cela m'avait épuisé. Je me suis assis sur la coque pendant quelques minutes pour reprendre mon souffle et profiter de la vue, mais il n'y avait pas de temps pour toute exploration, la plongée a pris près de 40 minutes pour se rattacher. Les autres équipes ont beaucoup mieux réussi à atteindre certains de leurs objectifs le deuxième jour.

    Tous les efforts doivent être faits pour réduire tous les facteurs de stress possibles sur les plongeurs après une plongée aussi profonde. Le troisième jour, nous nous sommes réveillés pour trouver les grands flotteurs orange marquant ma descente disparue! Tout le monde a regardé Danny Huyge et moi au petit déjeuner; nous savions que nous avions fait un lien solide, où diable était la ligne? Un navire l'a-t-il renversé dans la nuit? Carl est venu me voir et m'a dit: "Je ne peux pas vous demander de cravate trois jours de suite, mais si vous êtes sur le point de faire une autre plongée aujourd'hui, pensez-vous les aider à trouver le bon endroit?" Dans le meilleur des cas, je n'aurais pas dû faire trois plongées d'affilée, mais je me sentais bien et me reposais et acceptais de plonger. Pendant que Carl et moi parlions, le capitaine du CDT Fourcault a mis les machines en route et pendant que le bateau passait au-dessus de l'épave il a signalé qu'il pouvait voir le grand flotteur orange sous l'eau avec la ligne toujours attachée! Le fort courant avait tiré le flotteur orange rond d'un mètre vers le fond jusqu'à soixante-dix pieds, mais sans compromettre sa flottabilité. Soulagé que je ne serais pas obligé de le rattacher à nouveau, le capitaine a ensuite envoyé un plongeur de soutien qui a apposé des sacs de levage et a envoyé la ligne et le flotteur mou à la surface, où plus de flotteurs étaient attachés. J'étais sur le point de me demander si je plongerais quand on a appris que Rich Stevenson allait retourner dans le tunnel des pompiers et essayer une nouvelle route vers la prochaine chaufferie, et j'ai décidé que je le rejoindrais, j'étais là pour çà!

    Le plan était simple et se déroulait comme nous en avions discuté sur le bateau. Rich Stevenson ouvrait le chemin à travers le tunnel des pompiers et posait une nouvelle ligne de pénétration à l'intérieur de l'épave, et je le filmais et l'éclairais par derrière avec les deux énormes lumières HID sur la caméra 3D unique que j'utilisais. Une fois dans le long couloir étroit, nous avons poussé à travers le petit espace entre les énormes chaudières à double extrémité de la chaufferie 6, puis nous sommes descendus dans le couloir suivant qui conduirait à la chaufferie 5. L'eau dans la chaufferie 5 était limpide et alors que Rich Stevenson entrait à la nage, je me suis arrêté à la porte et j'ai filmé pendant qu'il continuait à travers la prochaine série de chaudières et dans la chaufferie 4. Nous étions à 360 pieds de profondeur et à près de 200 pieds dans l'épave, plus loin que quiconque n'avait jamais été à l'intérieur de Britannic! Alors que je regardais ses ailettes disparaître dans la petite fissure séparant les énormes chaudières, je pris quelques instants privés pour regarder autour de lui l'état parfait de ce compartiment; jauges vitrées et immenses plaques de laiton montées sur la cloison, luminaires, pelles et brouettes, le tout avec des poignées en bois intactes recouvert d'une couverture de limon momifié.

    Une fois à travers la chaudière et de l'autre côté de la chaufferie 4, Rich Stevenson a attaché la ligne et a nagé en arrière, un rapide signe de la main ok suivi d'un pouce vers le haut a indiqué qu'il était temps de repartir. En le laissant me dépasser, nous devions maintenant remonter dans l'eau trouble que nous avions dérangée en passant par les chaudières, nos lumières inutiles dans l'eau brune laiteuse. La ligne blanche incroyablement fine était notre seul sens clair de la direction dans la tempête tourbillonnante de limon. En poussant la caméra devant moi, je pouvais entendre le cliquetis et la bosse de Rich Stevenson devant moi mais je ne pouvais rien voir du tout. Je me suis déplacé douloureusement lentement, c'était une véritable plongée en braille, sentiment et sens inné de l'emplacement travaillant avec la mémoire pour créer un visuel dans mon esprit de l'endroit où j'étais. Cela m'a réconforté quand j'ai senti plus que j'ai vu que ma tête et ma caméra avaient traversé la chaufferie et étaient dans l'eau libre. La visibilité ne s'améliora que légèrement car le passage de Rich Stevenson devant moi avait donné l'impression que le compartiment était en feu, un limon épais imitant des flots de fumée roulant dans l'eau autour de moi. Alors que je traversais le compartiment, j'ai été soudainement arrêté net dans mon élan, quelque chose a été pris derrière moi. Sentant qu'il était sur mon côté droit, j'ai gardé la ligne de guidage dans ma main gauche et j'ai attrapé la forme vague du tuyau autour duquel elle était bouclée pour me stabiliser. Cette zone du compartiment était un travail de treillis de tuyauteries et de passerelles, tout à l'envers alors que l'épave se trouvait sur le côté. Il y avait un chemin sur lequel je devais rester dans ce labyrinthe, et dans la visibilité presque nulle, cette ligne était ma seule direction claire. J'avais besoin de tenir la ligne à tout prix, mais je voulais aussi me stabiliser afin de m'orienter dans l'épave. Alors que je l'attrapais, le tuyau fragile s'est effondré et j'ai commencé à descendre plus profondément dans l'eau limoneuse étouffée, le tuyau cassé faisant maintenant couler ma corde d'assurance. Tout en maintenant ma prise lâche sur la bouée de sauvetage pour me sortir de ce désordre, j'ai pompé un peu d'air dans ma combinaison étanche pour récupérer ma flottabilité, et j'ai juste flotté là, aveugle dans l'eau couleur café. L'énorme caméra qui pendait maintenant entre mes jambes sur une lanière, menaçait de s'emmêler davantage sur des objets que je ne pouvais pas voir dans cette soupe de boue.

    J'ai trouvé quelque chose de solide à attrapper dans l'obscurité et je me suis concentré sur la seule chose que je pouvais voir; les deux voyants verts de mon HUD, (affichage tête haute). Ces jolies petites lumières qui m'ont dit qu'au moins tout allait bien avec mon recycleur, et qui m'ont fait sourire intérieurement, parce que quand les choses tournent mal en plongée, le mantra que je me suis toujours dit est si tu respires, c'est que tout va bien, alors concentrez-vous simplement sur le problème, résolvez-le complètement et passez à autre chose. En atteignant le dos, j'ai senti qu'un fil ou une ligne mince s'était coincé entre ma valve d'oxygène sur mon recycleur et s'était ensuite enroulé autour du réservoir de sauvetage d'urgence que j'avais porté sous mon bras lorsque j'étais descendu.

    Mes doigts ont tracé méthodiquement le chemin des fils autour de mon équipement et le visualisant dans mon esprit, j'ai pu les déméler doucement autour du réservoir et hors de la valve, et j'étais libre! Je pouvais maintenant bouger et ramasser la caméra, et heureusement, elle n'avait rien capté d'autre. J'ai nagé hors de l'énorme nuage de limon et dans le long tunnel qui me ferait sortir de ce labyrinthe de tuyaux et de câbles, pour retourner en eau libre. En nageant hors de l'épave et dans l'eau bleue, j'ai cherché Rich Stevenson et je l'ai vu à environ 75 pieds au-dessus de moi, tenant la ligne de montée et regardant droit vers moi. C'était comme s'il voulait que je fasse mon apparition. Établissant un contact visuel, il leva le bras dans un signe de victoire et d'exaltation pour me voir enfin sortir. L'enchevêtrement avait retardé ma sortie de seulement 2 minutes, mais pour Rich Stevenson qui m'attendait pour sortir, ça me paraissait des heures! Alors que je montais lentement et que je commençais la longue décompression à venir, je regardai cette épave énorme et magnifique. Cela m'est alors venu à l'esprit, et je crois toujours que c'était l'une des meilleures plongées de ma carrière.

    Après la longue décompression de sept heures, j'ai refait surface et j'ai été remorqué vers le CDT Fourcault par l'annexe de plongée, et rapidement soulevé sur le pont par l'ascenseur de scène actionné par grue. J'ai immédiatement compris que quelque chose n'allait vraiment pas. Quand j'avais refait surface après les deux plongées de la veille, il y avait une foule de gens et de caméras. L'équipe de tournage poserait des questions sur la plongée et les techniciens DAN voudraient me demander comment vous sentez-vous. Mais à part deux membres de l'équipage de pont du CDT Fourcault qui m'ont aidé à sortir de mon équipement, le pont était vide. Alors que je sécurisais mon équipement, l'expert principal en imagerie de WHOI, Bill Lang, s'est finalement dirigé vers moi. Bill a normalement un tempérament professionnel, mais son visage était grave d'une telle tristesse et douleur qu'il m'a surpris. Posant une main sur mon épaule, il dit calmement il n'a pas réussi les mots presque inaudibles alors que sa tête penchait vers le pont. Un mélange de peur et de confusion monta en moi. J'ai demandé quoi… qui… de quoi tu parles Billy? Il se rendit compte que je n'avais aucune idée de ce qui s'était passé et me saisissant par les deux épaules, il me regarda en face et dit: Carl... Richie... c'est Carl... il n'a pas réussi... Carl est mort.

    Je n'ai pas pu enregistrer ces informations. J'avais l'impression d'avoir été frappé durement dans l'intestin. Je ne pouvais pas vraiment comprendre que Carl était mort. Nous avions parlé il y a huit heures à peine, un sourire et une claque dans le dos me souhaitant bonne chance dans la chaufferie. Maintenant il était parti. Mon esprit se débattait avec cela, et mon cœur se sentit poignardé en pensant à sa femme Vicki qui allait bientôt recevoir cette terrible nouvelle. Je me suis affalé et je me suis assis sur le pont abasourdi et brisé. Au bout d'un moment, l'un des techniciens DAN m'a attrapé pour me rendre dans leur cabine pour mon examen post-plongée et s'assurer que j'allais bien après ma longue plongée. C'était tout un brouillard, et tout semblait lointain et lent.

    Les détails du tragique accident de Carl devinrent plus clairs dans les heures puis les jours à venir, mais ne fit rien pour apaiser le terrible vide de sa perte. Carl a fait sa première plongée de l'expédition ce jour-là et a déployé avec succès une nouvelle expérience scientifique sur l'épave avant d'entrer à l'intérieur pour vérifier la présence de la radio Marconi. Pour des raisons qui ne seront jamais clairement connues, Carl est sorti de l'épave en nageant rapidement jusqu'à la ligne de montée et a ensuite renfloué son recycleur à 300 pieds. Il a commencé une ascension contrôlée en circuit ouvert le long de la ligne et a été entièrement soutenu par son partenaire de plongée Evan Kovacs, qui a suivi la procédure et a signalé l'urgence ci-dessous. Des plongeurs de soutien avec encore plus de gaz ont été fournis à Carl en quelques minutes, qui a continué à monter sous le protocole de décompression en circuit ouvert jusqu'à 120 pieds.

    Carl avait placé un petit cylindre jaune étiqueté air, sur la ligne descendante avant sa plongée. On ne sait pas comment ce réservoir devait être utilisé, car l'air (et ce réservoir) ne fait pas partie du protocole de décompression d'urgence et ce réservoir n'avait pas été rempli ou testé par quiconque sur le projet. Comme c'était le matériel personnel de Carl qu'il avait apporté avec lui sur le CDT Fourcault, et ne faisait pas partie du programme de l'équipe, il n'avait pas été vérifié. Il était étiqueté air, mais il s'agissait en fait d'un mélange à 50% d'oxygène. Carl a sorti le régulateur de gaz de sauvetage et a commencé à respirer à partir de ce réservoir. En quelques minutes, Carl a commencé à être envahi par la toxicité de l'oxygène et est devenu inconscient et insensible. Il a été immédiatement ramené à la surface par les plongeurs de soutien et transporté par avion vers la chambre de recompression et l'hôpital d'Athènes par un hélicoptère de la marine hellénique. Malgré tous les efforts de réanimation, Carl est resté inconscient.

    Le gouvernement grec a suspendu toutes les opérations de plongée le lendemain et le projet a été arrêté.

    Carl était mon ami, un mentor pour moi et un véritable explorateur dans tous les sens du terme. Le monde est un endroit plus petit sans lui.

    www.richiekohler.com

L'équipe de la mission 2009

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2011 : Paul Allen (co-fondateur de Microsoft).
    Période sur le site :
    Logistique : L'Octopus, le sous-marin Pagoo et le ROV* du yatch.
    Equipe : Paul Allen

    Visite privée uniquement avec le ROV* car la plongée avec le submersible fut interrompue en raison des conditions météorologiques.

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2012 : Alexander Sotiriou et Paul Lijnen / IANTD
    Période sur le site : Du 15 Mai au 15 Juin 2012.
    Logistique :
    Equipe : Alexander Sotiriou, Paul Lijnen, Jean Claude Chappuis, Maarten Ramon, Steven Haenebalcke, Kristoff De Moor, Marc Blomme, Joachim Blomme, Bert Van Opstal, & Raf Haenebalcke.

    Compte rendu de la mission

    - Évaluation de l'état de l'épave
    - Estimation des effets de l'épave sur le milieu environnant et les organismes
    - Photographie numérique et vidéo de certaines parties de l'épave déjà représentées par le passé et étude comparative
    - Échantillonnage automatique de l'eau in situ à moyen terme pour une analyse plus approfondie
    - Échantillonnage manuel ponctuel du fond marin pour une analyse plus approfondie
    - Échantillonnage ponctuel d'organismes marins sélectionnés pour une analyse plus approfondie

    Photos et vidéo de l'extérieur de l'épave.

    hmhsbritannic.weebly.com

  • 2012 : Nicholas Vassilatos & Lena Tsopouropoulou / PLANET BLUE DIVING CENTER
    Période sur le site : Octobre 2012.
    Logistique :
    Equipe : Kostas Thoctarides, Nicholas Vassilatos, Lena Tsopouropoulou, Kwstas Papastefos, Athina Patsourou, et Jorgo Spyropoulos.

    Compte rendu de la mission

    Le but de cette expédition était de photographier des parties de l'épave du Britannic, aussi complètement que possible.

    Au total, quatre plongées ont été effectuées au cours de l'expédition. Pendant les trois premières nous avons visité la partie avant de l'épave et pendant la quatrième sa zone arrière. Notre tâche principale était de faire une séance photo d'introduction et de nous familiariser avec le site, les profondeurs, les conditions, le courant, la visibilité, etc. On nous a également demandé d'étudier un endroit particulier sur l'épave, ce que nous avons fait lors de la deuxième plongée.

    Contrairement aux idées reçues, plonger sur le Britannic était exigeant mais pas tant que ça. Malgré qu'elle se trouve à une profondeur de 117 mètres, la logistique était relativement facile. Cela est principalement dû au fait que le site de l'épave n'est qu'à une courte distance d'Athènes et encore plus proche de Lavrion et du Planet Blue Diving Center - la base de l'expédition. L'accessibilité facile du site nous a donné la possibilité de garder les temps de fond relativement courts - vingt minutes sur l'épave pour un temps de plongée total d'environ deux heures et demie et de plonger principalement sur OC en évitant les complications des recycleurs (bien que des pSCR aient également été utilisés). La météo s'est une fois de plus révélée être le facteur critique. Un ciel couvert n'a pas vraiment aidé à prendre des photos à cette profondeur, alors que pendant certains jours, la plongée était hors de question en raison de vents violents.

    © Nicholas Vasilatos

    http://www.wreckdiving.gr

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2015 : Evgeny Tomashov / U-BOAT MALTA KTD
    Période sur le site : Du 26 Juin au 2 Juillet 2015.
    Logistique : Le U Boat Navigator, le sous-marin Triton 3300/3, et le ROV* Perseo GTV.
    Equipe : Rick Kohler, Michael Barnette, Evan Kovacs, Edoardo Pavia, et David Concannon.

    Compte rendu de la mission

    30 juin 2015: le temps presse, c'est le cinquième jour d'une expédition d'une semaine et le courant trop rapide comportent encore des risques considérables. La mer Égée est une turquoise magique qui inspire une vision de la montée de Neptune, mais ce paysage tranquille dément ce qui se passe en dessous. Le positionnement de notre navire de plongée est crucial et nous nous réjouissons lorsque la marque que nous attendons apparaît sur le sonar, indiquant que nous sommes juste au-dessus de l’épave du Britannic.

    Chaque plongeur est dans une concentration intense, chargeant soigneusement son équipement sur son dos: des recycleurs à circuit fermé en bandoulière avec des réservoirs supplémentaires, des gilets de flottaison, des ordinateurs de plongée, du matériel photo et plus encore. Quatre des plus grands explorateurs sous-marins du monde, Edoardo Pavia, Michael Barnette, Evan Kovacs et Rick Kohler, portent chacun 250 livres sur le dos, mais c'est un petit poids à supporter contre le poids inébranlable du remords, de la culpabilité, de la peur et de la responsabilité. Ils reviennent sur ce site historique six ans après la mort tragique de leur ami et compagnon de plongée, Carl Spencer, alors qu'il dirigeait une expédition pour le National Geographic afin d'explorer des zones rarement vues au cœur de l'épave.

    Un mystère sur ce navire n'a jamais été résolu: comment se fait-il que le Britannic, construit plus solidement, ait coulé deux fois plus vite que son navire jumeau le Titanic ? Ce mystère attendait quelqu'un avec le bon équipement et l'expérience pour chercher la réponse. Le chef d'équipe de plongée Rick Kohler, de renommée Shadow Divers, a hâte d'y aller. S'ils ne plongent pas aujourd'hui, l'équipe manquera leur fenêtre et les mystères que le Britannic détient resteront secrets pendant au moins une autre année. Rick Kohler a la fin d'un nouveau livre à écrire et la pression d'une échéance. Il a confiance en ses capacités et estime que les conditions sont gérables pour la plupart de son équipe. Mais comme tout bon leader, il sait que la plupart ne suffit pas.

    Mike, quelle est ta limite? demande-t-il à Michael Barnette, plongeur de sécurité et photographe sous-marin. Michael Barnette répond: Je suis d'accord avec 2 nœuds à la surface mais pas plus de 1,5 en dessous. Je n'ai jamais fait plus que cela et je ne suis pas à l'aise avec un courant plus élevé. Michael Barnette, surnommé affectueusement Barney, est clairement concerné. S'il n'est pas disposé à plonger dans ce courant, l'équipe sera obligée d'interrompre la plongée et de partir sans accomplir ce qu'elle est venu faire. Pourtant, une décision de plonger en dehors de ses compétences et de son niveau de confort met toute leur vie en danger. Je pense que vous pouvez le faire, dit Rick Kohler. C'est le courant. Cela ne s'est jamais calmé la dernière fois que nous étions ici. C'est typique. Ça ne sera pas mieux que ça.

    Une réunion a lieu sur le pont supérieur. Evgeny Tomashov et Dmitry Tomashov, nos hôtes et exploitants du U Boat Navigator, planifient leur propre stratégie d'exploration avec les plongeurs. Ce navire de plongée est équipé d'une salle de contrôle à la pointe de la technologie, d'un sous-marin Triton à trois places, du ROV* Perseo GTV, d'une chambre de décompression et d'une cloche de plongée pour soutenir les plongeurs, donnant à l'équipe un sens de sécurité qui aide à atténuer la peur de retourner dans les eaux qui ont pris leur ami. Les membres d'équipage du navire sont également des plongeurs qualifiés et jouent divers rôles. Tout le monde est prêt.

    Le cinéaste sous-marin Evan Kovacs ne pense pas au courant. Sur une table est étalé une panoplie de matériel de cinéma. Evan Kovacs est concentré, examinant chaque petite partie, vissant les choses ensemble, testant les petits morceaux encore et encore. C'est sa seconde chance de capturer les images du mystère qu'il a perdues à cause d'un dysfonctionnement de l'appareil photo il y a six ans.

    Aujourd'hui, Edoardo Pavia regarde la mer et offre une prière, une méditation, une promesse avant de se glisser dans l'eau à l'endroit exact, déterminé à affronter ses fantômes. Chaque plongeur s'arrête sur la plate-forme de plongée avant de se lancer dans la mer. Ils se glissent dans l'eau égéenne cobalt et limpide et descendent jusqu'à ce qu'une image fantomatique se matérialise, un bateau suspendu en bleu. À peu près à mi-chemin, ils voient l'épave avec une visibilité étonnante, mais ne peuvent toujours pas comprendre son ampleur. Le Britannic rivalise avec l'Empire State Building par ses dimensions absolues et les voici, au-dessus, comme suspendu à une ficelle. Rick Kohler décrit une sensation de picotement, en particulier au creux de l'estomac, contrairement à tout ce qui pourrait jamais être capturé par vidéo ou par photographie. Le Britannic est impressionnant. En 1916, c'était le plus grand navire du monde avec 269 m de long, et ici il monte à dix étages du fond. À l'approche de l'équipe de plongée, le sous-marin Triton de notre navire flotte en arrière-plan, illuminant l'épave et les plongeurs relativement petits qui nagent à côté. Il y a une multitude de questions auxquelles il faut répondre dans une fenêtre extrêmement brève: les portes étanches sont-elles ouvertes? Quels types d'artefacts pourraient être récupérés? Est-il possible de récupérer les expériences de laboratoire de l'expédition de 2009 ?

    Cette expédition oblige les plongeurs à atteindre une grande profondeur tout en courant contre la montre. Les hommes n'ont que 50 minutes pour descendre à 120 m et se frayer un chemin dans l'épave pleines d'obstacles désorientants pour atteindre les portes de la chaufferie, avant de subir une ascension de huit heures pour décompresser en toute sécurité. Toutes les cinq minutes supplémentaires passées sur le fond entraînent une obligation de décompression supplémentaire d'une heure, mais leur équipement de survie ayant une limite de capacité et les plongeurs ne peuvent littéralement pas transporter assez de réserve pour survivre à la pénalité supplémentaire. Chaque minute perdue pourrait faire la différence entre la vie et la mort.

    C'est tout ce à quoi David Concannon peut penser. Un explorateur et chef d'expédition expérimenté, David Concannon, qui a dirigé la dernière expédition pour explorer le Titanic en utilisant des submersibles habités et plus tard trouvé et récupéré les moteurs Apollo F-1 qui ont lancé des hommes sur la lune, est là pour aider l'équipe à coordonner la logistique avec nos hôtes russes et à agir en tant que photographe de surface. Après avoir photographié les plongeurs en train de disparaître dans la mer, David Concannon fait les cent pas, clairement inquiet, et saute dans tous les rôles possibles pour permettre à ses amis de se concentrer entièrement sur la tâche à accomplir. David Concanno et Carl Spencer étaient des amis proches et avaient correspondu au sujet du fardeau de diriger des expéditions jusqu'au départ de Carl Spencer pour la Grèce en 2009. David Concannon est convaincu que la bouteille mortellement mal marqué était le résultat du fait que Carl Spencer était submergé par trop de choses à faire. Carl Spencer était épuisé, travaillant de longues heures la nuit précédente. Il y avait tellement de pression avec l'équipe de tournage et ses responsabilités, dit David Concanno à ceux d'entre nous qui attendaient à bord. Je veux alléger une partie de ce fardeau pour mes amis. Ce sont des maris, des pères, ils ont des êtres chers qui attendent qu'ils reviennent sains et saufs. Pendant que les plongeurs sont sous l'eau, David Concanno négocie l'accord de l'expédition pour utiliser le U Boat Navigator et partage la propriété intellectuelle.

    Les minutes deviennent des heures, puis des heures supplémentaires. L'équipage et les invités, 12 d'entre nous à bord, tous avec une variété de tâches à accomplir, ne pensent pas que nous ayons le droit de nous détendre. Et, pour la majorité d'entre nous, il y a des tâches de surveillance incessantes à faire. Chaque fois que je sors de la zone de plongée, je vois le médecin du jeune navire et le maître plongeur debout complètement immobiles, évaluant soigneusement les performances des plongeurs via un flux vidéo du ROV* ci-dessous, à la recherche de signes de détresse ou de démence causés par la respiration de gaz mélangés. à une pression extrême.

    Et puis, enfin, les plongeurs sont dans la cloche de plongée. Nous poussons un soupir collectif de soulagement. Mais, comme le sait tout plongeur ou grimpeur chevronné, atteindre le sommet signifie que vous n'êtes qu'à mi-chemin. Des erreurs peuvent être commises dans les heures qui suivent l'atteinte du sommet ou, comme l'a démontré Carl Spencer, en vue de la surface. Lorsque les plongeurs émergent enfin, huit heures après leur première descente, il y a des acclamations et des claques dans le dos, des hauts cinq et des photos en gros plan. Et, malgré le succès sauvage apparent de l'expédition, chaque plongeur réagit différemment.

    Rick Kohler est euphorique. Il a ce dont il a besoin. Il l'a vu de ses propres yeux. Le mystère est résolu. Et qu'a-t-il découvert ? Pourquoi le Britannic a-t-il coulé si rapidement ? Vous devrez lire le livre, dit-il avec un sourire diabolique. Mystery of the last Olympian Titanic's tragic sister Britannic. Tout sera là.

    Le visage d'Evan Kovacs a des anneaux de la taille d'un hibou où son masque a aspiré sa peau. Fidèle à sa nature calme et tranquille, il dit peu, mais les cernes sous ses yeux révèlent des nuits blanches. Il apporte son équipement à une table pour le rincer à l'eau douce, pour vérifier s'il a capturé les images. Peut-être qu'il fait un léger bruit. Si tel est le cas, seul Rick Kohler l'entend, car le reste d'entre nous ne peut entendre que Whoop! de Rick Kohler !

    Et puis il y a Edoardo Pavia, assis tranquillement sur un banc. Même après huit heures sous l'eau, un regard attentif révèle une seule larme coulant sur son visage déjà humide. Edoardo Pavia est submergé de chagrin, l'angoisse de perdre son ami évidente sur son visage. David Concannon, debout à proximité, ressent également la gravité du moment. Il se fiche de savoir pourquoi le Britannic a coulé en seulement un tiers du temps du Titanic, même s'il a passé beaucoup de temps sur les deux épaves. Il se soucie seulement que ses amis soient à la maison en toute sécurité. David Concannon, respectueux et doux, plein d'émotion, lève sa caméra presque en s'excusant. Et Edoardo Pavia, fixant directement l'objectif, totalement confiant, laisse ses émotions circuler librement.

    Dans un coin tranquille, Barney enlève chaque couche avec confiance. Aujourd'hui, avec cette plongée, il cimente sa place dans les rangs de ces plongeurs qu'il admire depuis longtemps. Mais ce n'est pas ce qui l'intéresse. Il cherche la mouette et la trouve. Il est ici, dit-il à personne sauf à lui-même. Je savais qu'il était là.

    Pourquoi prendre un tel risque ? Edoardo Pavia dit ce soir-là lors d'un dîner de fête avec nos hôtes et notre équipage. C'est comme une colle qui nous lie tous ensemble. En fin de compte, avec ce voyage, le pire avec la perte de Carl Spencer s'est avéré être le meilleur. Nous levons nos verres encore et encore. À la fin de la nuit, la prochaine aventure est déjà en préparation.

    © Kim Frank

    www.explorerconsulting.com & www.sidetracked.com

    Voir l'article original téléchargeable au format PDF : X-Ray Mag #69

© D. Concannon, M. C. Barnette,
& D. Tomashov

© D. Concannon, M. C. Barnette,
& D. Tomashov

© D. Concannon, M. C. Barnette,
& D. Tomashov

© D. Concannon, M. C. Barnette,
& D. Tomashov

© D. Concannon, M. C. Barnette,
& D. Tomashov

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2016 : Stelios Papazoglou / 100e ANNIVERSAIRE DU NAUFRAGE 1916-2016
    Période sur le site : Du 1er au 4 Juin 2016
    Logistique :
    Equipe : Stelios Papazoglou, Mikhail Afentikov, Areti Kominou, Michalis Spyrakis, Fontas Pitsinelis, Nikos Karatzas, Tassos Hatziiliadis, Tasos Tsalavoutas, George Sklavounos, Costas Papastefos, et Panagiotis Gioulis.
    Docteur : Konstantinos Lavdas
    Superviseur des antiquités marines : Vassilis Glezos
    Superviseur de la Garde côtière : Lezis Konstantinos

    Photos et vidéo de l'extérieur de l'épave.

  • 2016 : Dimitri Galon / 100e ANNIVERSAIRE DU NAUFRAGE 1916-2016
    Période sur le site : 30 Septembre au 2 Octobre 2016.
    Logistique :
    Equipe : Dimitri Galon, Leigh Bishop, George Vandoros, Nikos Vardakas, Derk Remmers, Yiannis Condellis, Andonis Krents, Yannis Tzavelakos, Elena Akritopoulou, Maurizio Grbac, & Vasilis Anagnostopoulos.
    Equipe d'assistance plongée : Alexandros Agapakis, Markos Garas

    Une équipe internationale de plongeurs techniques à déposé trois plaques commémoratives, une sur chaque épaves centenaires. La 3ème plaque était à la mémoire de Carl Spencer.

L'équipe de la mission 2016 n°2

  • 2016 : Sébastien Royer
    Période sur le site : 3 Octobre 2016
    Logistique : Le Proteus III
    Equipe : Sébastien Royer.

    Sébastien Royer réalise une plongée commémorative 40 ans après la première plongée de 1976 par l'équipe du CDT Jacques-Yves Cousteau.

  • 2016 : Pim van der Horst / DIR REBREATHER / KEA DIVERS
    Période sur le site : Du 2 au 11 Octobre 2016.
    Logistique : Le Proteus III et des DPV*.
    Equipe : Pim van der Horst, Vic Verlinden, Marco Valenti, Diego Esposito, Pedro Lage, Armando Ribeiro, Brian Busuttil, Mark Powell, Aaron Grigsby, Sabine Kerkau, Boris Kokoszko, & Dennis Blom.

    Compte rendu de la mission

    Les 12 plongeurs ont effectué 72 plongées profondes sur les épaves des paquebots HMHS Britannic et S/S Burdigala. Le but des plongées était d'obtenir des images détaillées et des enregistrements vidéo des deux épaves afin de faciliter d'autres recherches et publications. Tous les plongeurs utilisaient des recycleurs: un équipement de plongée qui facilite les plongées longues et profondes. Les plongeurs opèrent de manière autonome (sans approvisionnement en surface). Cette expédition est probablement la plus importante en nombre de plongeurs et de plongées depuis la découverte du Britannic par Jacques-Yves Cousteau et son équipe en 1975. Ces types de plongées ne sont pas sans grands risques et nécessitent une préparation et une expérience approfondies de tous les participants.

L'équipe de la mission 2016 n°4

© Diego Esposito

© Diego Esposito

© Sabine Kerkau

© D. Esposito & V. Verlinden

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2017 : Aldo Ferrucci / HMHS BRITANNIC 2017 XPEDITION
    Période sur le site : Du 25 Septembre au 4 Octobre 2017.
    Logistique :
    Equipe : Aldo Ferrucci, Andrea Mescalchin, Massimo Canali, Christian Rivolta, Paolo Bagordo, Enrico Bortolotti, Cedric Sarazin, Marcello Bussotti, Flavio Fanelli, Roberto Strgar, Denise Brusoni, Renaud Jourdan, Aldo Ferrucci, & Caroline Dumas.

    Compte rendu de la mission

    Après de nombreuses tentatives échouées ces dernières années, l'obtention des permis nécessaires, principalement du propriétaire de l'épave Simon Mills, puis des autorités archéologiques maritimes et grecs arriva, et me permis de mettre en place la première expédition italienne sur cette épave. Le but de cette expédition était d'explorer l'épave, de documenter notre aventure à travers des photos et des vidéos terrestres et subaquatiques, afin de faire partager notre expérience avec le plus grand nombre de passionnés.

  • 2017 : Pim van der Horst / DIR REBREATHER / KEA DIVERS
    Période sur le site : Début Octobre 2017.
    Logistique :
    Equipe : Pim van der Horst, Peter McCamley, Kevin Brown, Alan Wright, Robin Macrander, Soren Bowadt, Dave Gration, Thomas Buchan, Spyros Spyrou, Matthias Vertommen, & Karl Hagens.

    Compte rendu de la mission

    Dans la matinée du deuxième jour, l'ambiance était bonne avec un temps ensoleillé et seulement 6-7 m / s de vent, donc tout était prêt et semblait idéal pour plonger. Mais sous la bonne humeur on pouvait aussi ressentir une certaine tension. Tension que nous ressentions tous face à une plongée aussi profonde sur une épave aussi grande et en redoutant les conditions de courant et de visibilité.

    Justement, le courant sur l'épave le matin était si fort que les bouées étaient partiellement noyées sous la surface et la plongée fut impossible, mais nous espérions que cela diminuerait dans l'après-midi. Après le déjeuner, nous avons appris que le courant était tombé à environ 1 noeud et tout le monde a commencé à charger l'équipement sur le bateau de plongée. Imaginez; 11 plongeurs chacun avec recycleur, scooter et 3 bailout plus les bouteilles supplémentaires pour la corde d'ancrage, cela occupe beaucoup d'espace. Vous devez être extrêmement disciplinés pour faire fonctionner tout cela sans heurs pour éviter le chaos dans les équipements.

    Quand nous sommes arrivés aux bouées au-dessus du Britannic, il y avait encore du courant, mais pas assez que pour ébranler notre confiance en nous. La première équipe a dû vérifier que l'ancre était fermement fixée sur l'épave et ensuite notifier la surface à l'aide d'une bouée-marqueur. La deuxième équipe composée de 3 plongeurs est descendue sans scooter. Après une attente supplémentaire de 10-15 minutes, je pouvais finalement effectuer ma mise à l'eau avec mon équipe composée de mes deux amis belges Karl Hagens et Matthias Vertommen avec qui j'avais déjà plongé à Malte et en Belgique. Tout de suite, il est devenu clair que le courant était un problème sérieux car il faisait au moins 1 nœud et la ligne d'ancrage était trop longue. Heureusement, nous avions des scooters relativement puissants avec nous, donc nous sommes descendus rapidement à l'épave (ndlts : ces scooter sont capables de contrer des courants de 3 nœuds). L'équipe avant nous sans scooters a rapidement rencontré des problèmes et un seul d'entre eux a réussi à atteindre l'épave. Les deux autres ont atteint seulement 20 et 60 m avant d'abandonner. En cours de descente, nous avons rencontré la première équipe à la remontée ainsi que le dernier membre de la deuxième équipe qui a seulement pu rester 5 minutes sur l'épave.

    Enfin, l'épave apparaît à environ 70 m. C'est le côté bâbord et l'hélice bâbord qui se détachent lentement du crépuscule vers -85-90 m. L'épave semble être en très bon état après plus d’un siècle au fond. Elle est magnifiquement envahie par les coraux et les algues aux couleurs vertes et jaunes et il n'y a aucun dommage visible à la partie arrière de l'épave.

    Elle est intacte, dominée par l'énorme hélice bâbord d'un peu plus de 7 m de diamètre et par les 2 jeux de bossoirs dépassant de plus de 10 m le pont supérieur. L'autre chose immédiatement remarquable est le pont de promenade qui s'ouvre comme un corridor sur une série d'ouvertures bâbord et qui facilite notre orientation. Après avoir passé quelque temps à bâbord pour se repérer sur cet énorme mastodonte, nous glissons le long de l'épave et descendons ainsi sur ce qui constituait autrefois le pont supérieur du Britannic. Maintenant seulement, il est tout à fait clair que l'épave gît sur le fond de la mer Égée depuis plus de 100 ans, parce qu'il est vraiment difficile d'identifier les différentes parties du pont supérieur. Tandis que les minutes passées à se repérer défilent sur nos ordinateurs, le temps déco lui, s'accumule à la vitesse de l'éclair. L'accord entre nous était que nous devions retourner à la ligne d'ancre quand nous avions atteint un TTS (temps total de remontée en surface) d'environ 125-130 minutes. Il est dur de devoir quitter cette épave incroyable, mais l'idée de plus de 2 heures de décompression avec un courant inconnu sur la ligne d'ancrage nous a motivé à quitter le fond. Au début, le courant relativement doux (de ~ 0,5 nœuds) ne nous a pas dérangé, mais il est devenu de plus en plus fort, passant depuis les 60-70 m à 2 nœuds au palier de déco à 6 m, où la ligne tremblait sous la charge. Heureusement, notre équipe avait de bons scooters avec une autonomie suffisante, ce qui nous a permis de soulager nos bras et la ligne d'ancrage qui était sous forte charge avec jusqu'à 9 plongeurs en déco et imaginez, une résistance à l'eau semblable à un CX de camion.

    Nous étions bien fatigués de retour sur le bateau de soutien, mais heureux d'avoir réussi la première plongée sans problème, même si les deux plongeurs qui n'ont pas atteint l'épave étaient déçus. Pour les 2 jours suivants, malheureusement, les prévisions météo étaient mauvaises, et ensuite cela devait s’améliorer sensiblement. Maintenant nous savions que l'équipement et la configuration fonctionnaient de manière satisfaisante. Les jours suivants, nous avons affiné l'équipement et tous les accords mutuels, à la fois au sein de l'équipe et entre les différentes équipes. Ainsi, notre planquée a été déplacée en tant que deuxième équipe à cause des problèmes des plongeurs sans scooters qui avaient causé des retards et ont rendu plus difficile la mise à l’eau en respectant des intervalles raisonnables. Ensuite, la ligne d'ancrage devait être raccourcie d'environ 40 m afin que nous puissions descendre plus rapidement jusqu'à l'épave, avec ou sans scooter.

    La plongée suivante a eu lieu trois jours plus tard dans des conditions presque idéales : plein soleil, force du vent de 2 à 3 et creux de 0,7 m max. Nous avons encore plongé sur la poupe de l'épave. En tant que premier homme de la deuxième équipe, je devais être prêt à me mettre à l'eau en même temps que la première équipe pour pouvoir aider en cas de besoin. Dès le départ de cette plongée, Peter McCamley a eu des problèmes avec un capteur sur son recycleur et sa plongée s'est donc terminée avant même qu'elle ne commence. J’ai dû changer d'équipe, afin que Dave Gration ait un compagnon de plongée. Ce qui ne fut pas un problème car grâce à cela j'ai eu le meilleur photographe du voyage comme binôme. Cette fois tout s'est bien déroulé : presque pas de courant, de très bonnes conditions d'éclairage et de plus, maintenant nous savions comment nous orienter sur le colosse. Les photos de Dave Gration ainsi que sa vidéo montrent clairement à quel point les conditions étaient bonnes, avec une visibilité jusqu'à environ 40 m. Bien sûr, nous devions prendre également LA photo devant la plaque commémorative de Jacques-Yves Cousteau ainsi que des photos de cette fameuse hélice bâbord.

    Après la deuxième plongée, le temps resta encore clément et nous pûmes continuer l’exploration de la partie avant de l'épave pendant les 2 jours suivants. Ce furent des plongées assez différentes car la proue est bien plus profonde (-110 m) que la poupe, donc ici on arrive presque au fond sablonneux. De plus, la masse de l'épave fait partiellement ombre à l'avant brisé. Il fait donc très sombre et en même temps la visibilité descend à 1520 m. Nous devions également nous ré-orienter sur l'épave maintenant que la ligne d'ancrage était posée autour de la fracture dans la coque devant le pont. Mais même si j'avais été nerveux au sujet de l'orientation avant la plongée, ça s'est plutôt bien déroulé grâce à notre préparation et à l’étude attentive des plans du navire. Cette fois, nous voulions regarder de plus près l'ancre qui est encore à poste sur le flanc de la proue et ensuite la cassure du pont. L'ancre est en fait si grande (+/- 5x5 m, plus de 10 tonnes) que je ne l'ai pas vue en arrivant dessus. Je n’ai pu la voir qu’en reprenant de la hauteur. Plus tard, sur le pont, j'ai trouvé l'un des télégraphes à double commande qui se trouvait du côté tribord du pont. Au départ, il me fut difficile de l'identifier, bien que le télégraphe soit l'une des choses que tous les plongeurs d'épaves recherchent habituellement. Parce que l'épave est tellement envahie par les coraux et les moules, qu’elle est sur le côté et qu’elle a été exposée à la corrosion pendant plus de 100 ans.

    Ces objets de détail sont si petits par rapport aux dimensions du reste de l'épave que vous devez faire preuve d’une bonne imagination pour pouvoir distinguer l'objet parmi la ferraille. Nous avons également essayé d'entrer dans la salle des machines via le trou de l'une des cheminées. Malheureusement, cela s'est avéré impossible car la grille devant l'entrée était encore intacte et l'espace trop petit pour passer avec tout notre équipement. Cette plongée est devenue la plus longue et la plus profonde de la semaine avec -113-116 m, un temps de fond d'environ 30 min et un temps total de plongée supérieur à 3,5 heures.

    Notre quatrième et dernière immersion sur le Britannic a eu lieu le lendemain, tôt le matin, car la météo semblait changer sérieusement et rendre toutes plongées ultérieures impossible. Toujours à la pointe, nous avons essayé de trouver l'entrée du célèbre Grand Escalier et nous voulions obtenir plus de photos autour du pont. Alors que nous avons eu de bonnes séquences vidéo depuis le pont et la promenade couverte, nous n'avons pas réussi à trouver une entrée praticable. Maintenant, avec du recul, je crois savoir où c'est, mais c'est malheureusement trop tard.

    Il faisait très sombre sur l'épave, presque comme si c'était la nuit. Pour cette raison nous avions placé des lumières stroboscopiques sur la ligne d'ancre. Cela rendait le décor un peu moins sinistre et facilita le réglage de cap vers la ligne d'ancrage dans l'obscurité presque complète à 110 m.

    Puis, les conditions météo se sont franchement aggravées avec des vents de force 6 sur l'échelle de Beaufort et près de 2 m de creux et ce qui a malheureusement annoncé la fin de notre expédition. Nous commencions juste à connaître l'épave et nous aurions pu en explorer davantage. Mais voilà, ce sont les impératifs de ces expéditions pour lesquelles il faut d'abord avoir la chance de pouvoir participer à l'expédition et ensuite la chance de pouvoir réaliser 4 plongées à des profondeurs allant jusqu'à 116 m avec un temps de fond moyen de plus de 25 min et un temps total de plongée cumulé de 13 heures et le tout sans aucun problème ! Je considère cela comme un privilège. En comparaison, plusieurs de ces expéditions précédentes n’ont seulement pu plonger une seule fois sur l'épave.

    Nous n'avons pas à nous plaindre, même si bien sûr, nous en voulons toujours plus. Il y a aussi des limites à ce que nous pouvons offrir à notre corps avant de tomber malade ou de nous retrouver dans un caisson de décompression. Je me félicite d'avoir évité ces mésaventures et d'avoir été assez privilégié pour faire partie d'un travail d'équipe bien huilé qu'une telle expédition représente. Pour moi c'est de loin l'épave la plus impressionnante (pour autant que je puisse en juger). En outre, la plupart des outils et des planches de pont sont toujours en place, ce qui est rarissime lorsque vous comparez avec d'autres épaves dans le monde.

    La coopération pendant l'expédition était tout simplement fantastique, surtout lorsque l’on tient compte du fait que nous étions un groupe émanant de 7 pays européens différents (Belgique, Chypre, Danemark, Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni et Allemagne) qui fondamentalement ne se connaissaient pas avant. Tout le monde a travaillé dur pour être prêt à 100% à résoudre tous les problèmes et à se sécuriser les uns les autres en équipe. C'est une expérience absolument inoubliable et une collaboration qui nous a permis d’apprendre énormément pour notre travail au quotidien.

    © Soren Bowad

L'équipe de la mission 2017 n°2

L'équipe de la mission 2017 n°2

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

L'équipe de la mission 2018 n°2

L'équipe de la mission 2018 n°2

La mission 2018 n°2

La mission 2018 n°2

La mission 2018 n°2

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021

  • 2019 : Scott Roberts
    Période sur le site : Du 11 au 22 Mai 2019.
    Logistique : Le Nikolakis.
    Equipe : Scott Roberts, Rick Simon, Luke Kierman, Joe Mazraani, Jacob MacKenzie, Richard Ayrton, George McClure, Steve Pryor, Duncan McCormick, & Scott Wyatt.
    Equipe de soutient : George Vandoros, Dimitri Adamis, Zino, Marko, Stelio, Lefteri, Stathi et Thanassi.

    Compte rendu de la mission

    Lors de cette expédition, la cloche du Britannic a été retrouvée par un plongeur. Le chef d'expédition Scott Roberts, a décrit la découverte comme un développement passionnant dans l'enquête pour en savoir plus sur cette épave emblématique.

    La cloche du navire est un artefact archéologique précieux car c'est souvent la seule méthode d'identification après le naufrage d'un navire. Les cloches ont également une signification sentimentale, elles sonnent pour les cérémonies religieuses, servent de signaux, et sonnent l'alarme en cas d'urgence. La cloche du Britannic n’avait pas été découverte jusqu'à présent, malgré plusieurs expéditions de plongée de haut niveau remontant à la découverte de l’épave par Jacques-Yves Cousteau et le Pr Harold E. Edgerton en 1976.

    La découverte a été faite par le plongeur Joe Mazraani et annoncée officielement le 7 mars 2020 à la 66è convention du Boston Sea Rovers Clinic, un événement annuel organisé par le club de plongée le plus ancien et le plus prestigieux du pays. Jacques-Yves Cousteau et le Pr Harold E. Edgerton sont tous deux membres de Sea Rovers.

    Comme tant d'enfants, j'ai été fasciné par les découvertes de Jacques-Yves Cousteau et je me souviens de l'avoir vu explorer Britannic, a déclaré Joe Mazraani. Le sentiment d'apporter ne serait-ce qu'une petite contribution à l'histoire continue de cette épave spectaculaire est indescriptible.

    Simon Mills, propriétaire du Britannic, a rendu les plongées possibles et était avec l'équipe pour une partie de leur expédition. Le ministère grec des Antiquités marines contrôle tous les monuments historiques sous-marins dans les eaux territoriales grecques. L'enlèvement de tout artefact de l'épave est strictement interdit par la loi grecque. La cloche restera donc intacte là où elle a été trouvée.

    Le documentaire Drain the Oceans produit par National Geographic a été tourné pendant cette expédition.

L'équipe de la mission 2019

  • 2019 :
    Période sur le site : Du 14 Septembre au 5 Octobre 2019.
    Logistique : Le D/V Tenacious et un RIB*.
    Equipe : 12 plongeurs dont Tim Saville † décédé pendant l'expédition.

    Compte rendu de la mission

    Bientôt...

1976 1995 1997 1998 1999 2001 2003 2006 2008 2009 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2021


  • DPV : Diver Propulsion Vehicle / Scooter sous-marin
    RIB : Rigid Inflatable Boat / Bateau semi-rigide
    ROV : Remotely Operated underwater Vehicle / Robot sous-marin téléguidé

© William Barney